Moi, plus tard, je serai mère au foyer

Je suis tristesse aujourd’hui. Je réalise que je ne pourrai jamais offrir à mes enfants ce que j’ai toujours connu : une maman qui vient les chercher le soir à l’école à 16h30 et qui serait toujours là les mercredis et les vacances scolaires.

Au fond de moi, je le savais mais je n’osais pas me l’avouer. Je le pensais mais ne le disais pas tout haut dans l’espoir que par miracle, mon mari me dise : « oh, tu sais chouchou si tu préfères t’occuper des enfants, il n’y a pas de problème, tu n’as pas besoin de travailler ».

Mais voilà la réalité est là. N°1 est à l’école et j’ai réussi à avoir une place en crèche pour n°2. Donc dans quelques jours, je n’aurai plus personne à la maison jusqu’à 16h30 et je vais devoir chercher du travail.

Dans les magazines, j’ai lu beaucoup d’articles sur la « charge mentale » des femmes, la pression sociale qui existe et la difficulté d’être travailleuse et mère. Je trouve ces articles toujours très intéressants et ils mettent en lumière des non-dits qui existent depuis des années.

Cependant, je n’ai pas lu d’article sur les femmes qui doivent faire le deuil de leur vie de mère au foyer. C’est peut être honteux de nos jours de souhaiter la vie de nos mères et de nos grands-mères mais j’aurai aimé être mère au foyer, m’occuper de ma maison et veiller sur chacun des membres de ma famille.

Dans mon cas, il est impossible financièrement de mener cette vie. J’ai fait des études, je suis diplômée de deux Master 2. J’ai eu des postes très intéressants et épanouissants intellectuellement mais moi, mon truc ce n’est pas de courir les réunions et de gravir les échelons des « classes » de l’entreprise. Moi, mon truc c’est d’être mère au foyer. Problème : ça ne paie pas. Il aurait mieux valu que je rêve d’être artiste peintre ou écrivaine, j’aurai eu au moins une chance d’être un jour rémunéré.

Mes amis me regardent bizarrement quand je leur parle de mes aspirations. Quand je me suis arrêtée un an pour m’occuper de n°2, tout le monde me demandait comment je faisais et si ce n’était pas trop dur (« trop chiant »). Je me suis sentie parfois nulle de ne pas travailler et de ne pas avoir d’ambition professionnelle surtout que je fréquente principalement des gens qui ont fait beaucoup d’études et qui sont plus souvent dans l’action que dans la contemplation. Mais au fond, le soir, même avec mon mal de crâne, mon t-shirt tout morvé et mon jean plein de soupe de courgettes, je suis la plus heureuse. Je les aime à en crever ces deux petits choux.

Cet article finit comme ça avec des larmes un peu dans les yeux quand je pense à tout ce que je vais rater, à ces gouters qui finissent moitié dans le ventre moitié sur le t-shirt, aux rigolades du square après l’école, aux mercredis pluvieux sous un plaid avec pleins de livres et aux nombreuses vacances scolaires qui nous ont fait découvrir Paris version mini. Merci à mon mari de me l’avoir fait connaître car sans lui cette année de rêve n’aurait jamais existé. A moi, maintenant de faire que ce rêve se réalise avec de vrais moyens (pas simplement jouer à l’euromillions).

Après tout, c’est ma devise, rêve en grand comme un enfant.

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